Djina tatouage : Des tatouages au henné d´un esthétisme raffiné

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Djina tatouage : Des tatouages au henné d´un esthétisme raffiné - Vivre Mayotte Magazine Photos: Franco di Sangro

Indienne karana, Djina est née à Madagascar où elle a vécu jusqu'à l'âge de 14 ans avant que sa famille ne décide de s'installer à La Réunion.



En 1999, le mari de Djina est muté à Mayotte et c'est ainsi que la jeune femme se retrouve sur l'île aux parfums où elle met à profit ses connaissances en matière de dessin pour enseigner dans le centre de formation Hodina. Ce travail s'avère cependant bien plus difficile qu'elle ne l'avait cru : "Les femmes que je devais former étaient le plus souvent âgées et analphabètes, ce n'était pas évident pour elles d'apprendre à dessiner." Elle quitte donc Hodina au bout de six mois et décide de se mettre à son compte, d'abord au sein du salon de coiffure Souka, puis à son propre domicile : "Cela fait maintenant 13 ans que je travaille chez moi. J'aimerais bien ouvrir un salon, mais ce n'est pas facile car cela génèrerait pour moi beaucoup plus de contraintes. Chez moi, je peux travailler plus librement et arranger mes horaires à ma convenance."

Djina Tatouage | Vivre Mayotte
"Les dessins au henné s'imposent naturellement dans ma tête. Ce sont des créations originales."
Les tatouages éphémères de Djina remportent très rapidement un vif succès. Des femmes de tout âge et de toute origine viennent régulièrement rehausser leur beauté par les motifs raffinés que Djina tatoue sur leurs mains, leurs pieds ou encore leurs épaules : "La plupart des mahoraises viennent se faire tatouer lors d'occasions bien précise comme pour leur mariage ou après leur accouchement. La tradition vante en effet les vertus du henné qui possède une symbolique très forte au sein du monde musulman.
Le henné est également une plante reconnue pour ses vertus apaisantes. Elle détend les muscles et contribue à réduire l'anxiété : "Les femmes ne viennent pas uniquement chez moi pour l'aspect esthétique, mais également pour s'accorder une pause dans leur vie quotidienne souvent source de stress." Sa dextérité en matière de dessin lui permet de travailler rapidement et le cône en plastique qu'elle utilise en guise de pochoir lui permet d'obtenir une étonnante finesse dans le tracé. Djina s'inspire des dessins traditionnels qu'elle modifie au gré de son imagination pour en faire des créations originales.

Selon elle, le dessin n'est d'ailleurs pas ce qu'il y a de plus difficile : "Ce qui est beaucoup plus difficile que le dessin, c'est la préparation de la pâte de henné. Il faut être très méticuleux dans le mélange des ingrédients, sinon le rendu final risque d'être raté. Un henné bien préparé doit donner une belle couleur rouge foncé." Outre les feuilles de henné écrasées, bien d'autres ingrédients interviennent dans la préparation de cette pâte dont l'huile d'eucalyptus et le tamarin. C'est en effet l'acidité qui donne tout son éclat à la couleur du henné.

Djina propose également à ses clientes de les habiller d'un sari et de les maquiller à l'indienne le jour de leur mariage, car c'est un style que les femmes de notre île affectionnent de plus en plus. Djina réalise alors ses tatouages en fonction des saris choisis par ses clientes. Encore aujourd'hui, et malgré ses 15 ans d'expérience professionnelle, elle se rend régulièrement en Inde pour parfaire sa technique : "Il n'y a pas d'âge pour continuer à apprendre", aime-t-elle à souligner. Un perfectionnisme qui porte ses fruits au fil des années certaines femmes n'hésitent pas à venir de l'autre bout de l'île pour recourir à ses services.

 

Nora Godeau

Publié par Vivre Mayotte

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