Un mariage, diverses versions

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Un mariage, diverses versions - Vivre Mayotte Magazine

Les traditions évoluent et diffèrent en fonction des familles, des maisons. C’est ce que l’on a pu constater au fil de notre reportage. Mahorais, Comoriens, Malgaches, chacun réalise un mariage selon ses convictions, ses moyens, ses envies. Loin d’être exhaustif, nous vous proposons un tour d’horizon de ce qu’il se fait en termes de célébration.


Le manzaraka semble commun à tous les mariages qui se déroulent selon les traditions mahoraises. Une de nos interlocutrices, qui a préféré ne pas être citée, nous explique que c’est toujours la première étape. « La famille de la mariée prépare à manger et reçoit en retour des cadeaux en tout genre. »


Le deuxième jour, est souvent organisé le mbiwi, une danse traditionnelle en l’honneur de la mariée. Les femmes dansent avec des bambous. « On n’y mange pas. Les invités repartent souvent avec des sachets de gâteaux. Les femmes dansent et de l’argent est donné pour aider les futurs mariés. »
Après le manzaraka et le mbiwi, au troisième, quatrième ou sixième jour, « comme on veut, finalement », la famille de la mariée organise un dîner. Les convives sont invités à manger, il y a un gâteau de mariage. « Toute la famille mange ensemble. La mariée est en robe blanche. C’est un peu comme en métropole. » Une première danse est souvent réalisée par les mariés qui s’échangent ensuite les alliances. Après le dîner, la soirée est consacrée à la danse, c’est la fin officielle des festivités.

 

Eviter le manzaraka
Si certains couples ne sont pas enclins à organiser le manzaraka, qui représente une cérémonie très coûteuse et très « lourde » en termes d’organisation, certains choisissent de célébrer leur mariage dans l’intimité. Nous avons ainsi rencontré un couple qui a choisi de réaliser le chidjabu. « C’est une cérémonie avec lecture du coran. Tu pries, tu fais tes voeux. C’est pour te protéger du mauvais oeil. Après ça, on organise un repas avec nos proches. Le chidjabu peut d’ailleurs se faire à plusieurs occasions, quand tu achètes une nouvelle maison, par exemple, ou pour tes enfants », témoigne le couple. « On prépare de l’argent pour le fundi et les participants qui répètent les versets du coran ». Si le couple a choisi de ne pas organiser le manzaraka, c’est qu’ils n’apprécient pas le côté « voyeur » de la cérémonie. « Le manzaraka consiste à montrer que l’on a les moyens, c’est une démonstration, on est dans l’opulence », déplore-t-il, « cela ne correspond pas à notre état d’esprit ».

 

Oidaha et tari

Les Anjouanais se plaisent à clôturer les mariages par deux danses traditionnelles : l’oidaha et le tari. « L’oidaha est une danse autour du pot qui sert à piler : les participants se lancent chacun à leur tour la mutsi pour taper. On prépare du chino, c’est-à-dire du maïs ou du manioc pour que cela fonctionne », indique notre interlocutrice. Le tari est ensuite une danse alimentée par des tambours et des chants, où les participants doivent être bien habillés. « Ce n’est pas obligatoire. », précise-t-elle.


Souvent, les familles choisissent de faire appel à des associations d’oidaha, de tari, de mbiwi. « Cela facilite évidemment l’organisation et l’animation des cérémonies. » Enfin, les Comoriens ajoutent souvent à la liste des festivités le toirabu et l’ukonbi. « Le toirabu est une danse avec des cannes. Les invités doivent donner de l’argent et viennent pour danser. On n’y mange pas. Les femmes sont habillées en robe de soirée. »

L’ukonbi correspond également à un chant que la famille de la mariée organise au cours de la soirée, où famille et amis sont invités. « Là encore, de l’argent est récolté pour les mariés. Ces derniers sont assis sur un trône et l’argent est donné dans la robe de la mariée. »


Qu’ils durent deux, trois, quatre jours ou plus d’une semaine, le mariage à Mayotte est considéré comme une étape décisive dans la vie d’un couple. C’est l’officialisation d’une union, où l’on se sacrifie financièrement, tout en comptant sur l’argent que l’on récoltera en retour. Certains déplorent ce côté très financier du « mariage à la mahoraise », une sorte de « m’as-tu vu ». C’est toutefois l’occasion de célébrer une nouvelle union, pour le meilleur, et pour le pire.

 

Par Raphaëlle Bauduin pour VM

Publié par Vivre Mayotte

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