Yasmine Djaffar, à cœur ouvert

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Yasmine Djaffar, à cœur ouvert - Vivre Mayotte Magazine Photos: Franco Di Sangro

Yasmine Djaffar, nouvelle image du journal télévisé francophone de Mayotte Première, dévoile exclusivement pour Vivre Mayotte son remarquable parcours et sa vie en tant que femme notoire à Mayotte. Rencontre.

 

C'est une jeune femme aux allures dynamiques et avenantes que nous retrouvons à la terrasse d'un café. D'origine mahoraise, la jeune femme a grandi à M'tsapéré avec sa mère et ses 2 sœurs. Yasmine a fait son lycée à Mamoudzou et obtient son baccalauréat en 2006. Depuis ses premières années de lycée, la jeune femme sait pertinemment qu'elle veut être journaliste. "Depuis longtemps, je sais que je veux faire ce métier. J'admire beaucoup Claire Chazal et je m'en suis beaucoup inspiré", confie Yasmine. La jeune femme se renseigne alors tant bien que mal sur le parcours à emprunter pour devenir journaliste. N'ayant pas internet à son domicile, il est compliqué pour elle d'obtenir ces informations. Elle contacte alors un CIO (Centre d'Information et d'Orientation), ce dernier lui conseille de faire une faculté. "Comme tout le monde, je me suis orienté vers un CIO, mais lui-même n'a pas su me donner le bon chemin à prendre ! ", explique Yasmine. La jeune femme confie ses projets à un cousin déjà en métropole, ce dernier lui conseille de faire une licence info-communication. Elle s'envole donc pour l'hexagone, plus précisément à Béziers en première année de licence. L'aventure commence.

"J'ai toujours gardé dans un coin de ma tête mon objectif"

Yasmine Djaffar, à cœur ouvert

Quand elle s’inscrit à la fac, elle a une idée bien précise de ce qu’elle veut faire « quand elle sera grande ». C’est cette détermination qui va la porter. Malgré l'éloignement de ses proches, très difficile, la jeune femme s'accroche et travaille dur pour y arriver. Elle rentre visiter sa famille l'été, mais l'éloignement est un réel supplice. "J'ai adoré la métropole, mais la première année a vraiment été difficile, c'était la première fois que j'étais séparée de ma mère, il m'a fallu un temps d'adaptation!", s'exclame la jeune femme. Elle obtient alors sa première année, mais décide de s'installer dans une autre ville métropolitaine, Montpellier, tout en continuant toutefois à suivre les cours de la faculté de Béziers. Autant dire que le trajet est costaud. "Je devais prendre le train, ensuite, le bus, c'était vraiment fatigant, mais je voulais tenter. Le résultat de cette aventure est que je n'allais presque plus en cours", explique la journaliste. Elle réussit tout de même à obtenir sa seconde année. "J'ai toujours gardé dans un coin de ma tête mon objectif afin de ne pas décrocher", rapporte-elle.
Après de nombreuses visites à Paris, chez sa tante et plusieurs amis, la jeune femme commence à prendre goût à la vie parisienne et se voit bien s'installer dans la capitale. C'est donc à partir de sa 3ème année qu'elle prend la ferme décision d'étudier à Paris, dans le 10ème arrondissement. "Ma vie d'étudiante m'épanouissait, mais je continuais à me dire que je perdais mon temps", nous confie-t-elle. Après avoir rendu son mémoire à la fin de sa seconde année de Master 1, elle trouve un petit boulot pour combler son année et son portefeuille. Elle travaille alors pendant un an dans un cabinet de teasing. "Ce travail m'a énormément plu, ce premier pas dans la vie professionnelle m'a donné plein d'énergie pour la suite. J'ai pu participer à la rédaction d'un projet, c'était très intéressant !", se souvient Yasmine. Un jour, une amie lui parle d'un concours pour rentrer en dernière année d'école de journalisme. Elle le passe alors et, à sa plus grande joie, elle est retenue. Cette fois, c'est la bonne, Yasmine est sur le bon chemin pour accomplir son désir de toujours: devenir journaliste. "Durant cette dernière année, j'ai tout donné pour réussir", nous raconte la jeune femme.

"Je savais que je partais pour mieux revenir"

Son premier stage, elle le réalise à Mayotte Première. 3 mois de stage pendant lequel la jeune femme prend rapidement ses repères. Ses journées sont rythmées par l'actualité mahoraise. A 8h30, c'est la conférence de rédaction. Les sujets sont choisis, classés, répartis. Un rythme qui convient parfaitement a Yasmine et la conforte dans sa persévérance.
"Je savais que je partais de Mayotte pour mieux revenir. J'ai grandi sur l'île, pour moi, le journalisme, c'était donc ici. Je voyais les présentateurs derrière mon écran et, maintenant, c'est à mon tour !", se réjouit-elle. "C'est donc après la validation de mon année que je suis revenue sur mon île natale. J'ai intégré l'équipe de Mayotte Première à mon retour en tant que pigiste. J'ai également travaillé en parallèle à Mayotte Hebdo", affirme la jeune journaliste.

Des projets pour l'avenir ?

Yasmine en a un paquet. Elle a pour projet de voyager. "La métropole a été le déclic, je veux voyager. J'aimerais passer un an en Australie", indique-t-elle. La journaliste est cependant passionnée par son île, elle souhaiterait publier un livre sur l'histoire de Mayotte. "J'ai commencé à rédiger quelques lignes, mais pour parvenir à mon objectif, je vais aller à la rencontre des foundis de plusieurs villages", explique-t-elle. La jeune journaliste, aussi déterminée qu'humble, mène à la perfection sa vie de "femme publique". Comme vous l'aurez compris, nous risquons d'entendre parler de Yasmine Djaffar dans les jours, mois, ou années à venir…

 

Marine Henquenet

Publié par Vivre Mayotte

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