Dhoirfat, une mahoraise cheffe de cabine

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Dhoirfat, une mahoraise cheffe de cabine - Vivre Mayotte Magazine Photos: Franco Di Sangro

Vivre Mayotte s'est rendu à l'aéroport de Pamandzi afin de rencontrer Dhoirfat Saïd Houssein, la cheffe de cabine de la compagnie Ewa.

Première Mahoraise à avoir accédé à ce statut, cette jeune femme de 26 ans a accepté de nous raconter son parcours atypique.


Après avoir obtenu son bac littéraire en 2008 au lycée de Pamandzi, Dhoirfat Saïd Houssein s'envole pour la métropole, dans la ville de Lille, afin de suivre des cours d'espagnol à l'université. Passionnée par cette langue, son 1er rêve était en effet de devenir professeur d'espagnol.

 

Mais le destin allait en décider autrement…


Un coup de foudre inattendu pour le métier d'hôtesse de l'air

 

Doirfat - Vivre Mayotte
Le style de cours très peu cadré de l'université ne lui convenant finalement pas, Dhoirfat se réoriente rapidement en BTS communication, dans la ville de Montpellier cette fois-ci. Après son obtention, elle s'est toutefois sentie un peu perdue, ne sachant vers quel métier s'orienter. C'est alors que son copain, qui faisait des études pour devenir pilote de ligne, lui a dit : "Pourquoi ne suivrais-tu pas la formation pour devenir hôtesse de l'air ?"


N'ayant à cette époque guère d'autres pistes, Dhoirfat a suivi son conseil et a intégré l'ESMA de Montpellier (Ecole Supérieure des Métiers de l'Aéronautique). Ce fut alors le coup de foudre. "J'ai découvert avec stupéfaction que le métier d'hôtesse de l'air était véritablement passionnant. Il ne consiste pas seulement à faire la belle et à servir des boissons, comme les gens se l'imaginent en général et comme je me l'imaginais moi-même auparavant. C'est un métier extrêmement polyvalent qui requiert de nombreuses compétences. Dans ce métier, on ne s'ennuie jamais ! Nous sommes en quelque sorte "les yeux" du commandant de bord à l'arrière de l'avion.", affirme-t-elle avec passion.


La première cheffe de cabine mahoraise


Son diplôme en poche, Dhoirfat a effectué un stage de 6 mois au Pays de Galles afin d'améliorer son anglais, préalable indispensable pour décrocher un poste dans ce métier. Après avoir postulé pour différentes compagnies d'aviation comme Air Austral ou Emirates Airways, qui n'ont malheureusement pas retenu sa candidature, la jeune femme apprend l'ouverture d'une compagnie 100% mahoraise : Ewa. "C'est ma chance !" s'est-elle alors dit aussitôt, profitant de cette occasion pour retourner sur son île d'origine qui commençait à lui manquer. Elle a donc passé les sélections à Mayotte et a été l'une des deux personnes retenues sur les 15 postulants, devenant hôtesse de l'air pour la compagnie Ewa ou, dans le jargon de l'aviation, PNC ("Personnel Naviguant Commercial", par opposition à PNT, "Personnel Naviguant Technique" qui désigne les pilotes de ligne).

 

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En seulement 8 mois de métier, Dhoirfat est passée cheffe de cabine, à l'âge de 24 ans. Première femme mahoraise à obtenir ce poste, son évolution rapide s'explique par sa grande rigueur et sa profonde motivation. Dhoirfat est en effet véritablement passionnée par son métier et cette passion est palpable lorsqu'elle nous en parle. "Ce n'est pas évident pour une Mahoraise d'avoir ce parcours. Cela demande beaucoup d'abnégation et de sacrifices. Mais c'est néanmoins un métier accessible à tous, il faut simplement y croire et avoir envie de réussir !", conclut la jeune femme avec ardeur.



Nora Godeau

Publié par Vivre Mayotte

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Commentaires (11)

  • Super X vendredi, 11 mars 2016 13:29

    Il est superbe cet article ! Puis l’hôtesse est tellement belle... Oh je crois que je suis amoureux !

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