5ème salon de la mode

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5ème salon de la mode - Vivre Mayotte Magazine

L a 5ème édition du salon de la mode a eu lieu les samedi 22 et dimanche 23 novembre à Mamoudzou, sur le parvis du comité du tourisme. Organisé par l'association ALCOI (Association Lainga Cultures de l'Océan Indien), ce salon a pour but de dynamiser la créativité des stylistes de l'océan Indien. Lors de cette 5ème édition, ceux-ci ont rivalisé de talent pour offrir à la population mahoraise des défilés de qualité qui, par le succès qu'ils ont rencontré, ont prouvé que notre région n'était pas en reste en matière de mode.

L'association ALCOI, créée en 2006 par Amina Houssein, a pour but de promouvoir la culture et les traditions des îles de l'océan Indien. A l'origine basée à La Réunion, l'association a décidé de s'installer à Mayotte en 2010 dans le but d'aider à revaloriser la culture à Mayotte. Aujourd'hui présidée par Wardat Monjoin, ALCOI organise de nombreux évènements culturels sur notre île. Qu'ils soient de nature artistique, artisanale ou culinaire, les évènements proposés par cette association sont toujours le reflet des arts et traditions des îles de l'océan Indien.

 

Si ALCOI s'intéresse à tous les domaines de la culture, son évènement annuel principal reste le salon de la mode qui prend d'année en année de plus en plus d'ampleur. La 5ème édition, qui a eu lieu au mois de novembre dernier, a été plébiscitée par un public venu nombreux pour admirer les créations des différents stylistes qui y ont participé. Fort d'une organisation encore plus solide que les années précédentes, le salon de la mode 2014 a offert dans la soirée du samedi 22 novembre un spectacle d'une grande qualité à la population mahoraise qui a eu, au cours de la journée du dimanche, la possibilité d'acheter quelques-unes des créations repérées au cours des défilés.

 

La soirée du samedi a mis les stylistes de l'océan Indien à l'honneur

La soirée du samedi 22 novembre s'est ouverte sur le concours de création qui avait, cette année, la mer pour thème. En guise de prélude, le groupe de hip-hop m'tsapérois "Les cinq étoiles" a réalisé une prestation sur ce même thème. Vêtus de costumes de poissons argentés et de sirènes, réalisés par l'artiste plasticien Denis Balthazar, les danseurs se sont livrés à une chorégraphie inspirée par les mouvements des vagues. Le concours de mode, qui a débuté aussitôt après, a vu défiler seize mannequins vêtus de tenues océanes conçues et réalisées par des stylistes de notre région. Qu'ils soient professionnels ou encore amateurs, ceux-ci se sont surpassés pour offrir au public mahorais des créations originales et élégantes.

 

Les inscriptions au concours se sont déroulées du mois de mars au mois de juin 2014. Certains stylistes étaient des fidèles de ce salon quand d'autres étaient totalement nouveaux. Wardat Monjoin, la présidente de l'association ALCOI, tenait en effet par-dessus tout à donner leur chance à tous les jeunes talents de la région. Elle aurait également souhaité étendre son champ de prospection à quelques pays d'Afrique de l'est comme le Kenya et le Mozambique, mais cela n'a malheureusement pas pu se faire cette année pour des raisons administratives. Nouriat, la chargée de communication de l'association, espère que la création du concept "Canal Mozambique", prévu pour l'année prochaine, facilitera les échanges avec les pays étrangers.

 

De nombreuses îles de notre région étaient néanmoins représentées. Des stylistes venus de Mayotte et des Comores, mais également de La Réunion et de Madagascar ont participé au concours et ont pu présenter leur collection au public au cours des seize défilés qui ont suivi. Ils ont ainsi pu mettre leurs îles à l'honneur et montrer une partie des talents cachés qu'elles recèlent et que le manque de structures culturelles sur leur territoire empêche bien souvent de révéler au grand jour.

 

Le thème de la mer a été décliné de toutes les manières possibles par les stylistes

Ce concours de mode sur le thème de la mer était soumis à un cahier des charges rigoureux que chaque styliste devait absolument respecter pour avoir une chance de gagner. Le style des tenues variait énormément d'un styliste à l'autre. Certains ont choisi la simplicité avec des robes bleues dont les amples plis virevoltant évoquaient les vagues de l’océan ou ont décoré leurs tenues de broderies représentant poissons ou coquillages. D’autres, au contraire, ont osé des tenues plus sophistiquées, quoique difficilement portables, comme cette jupe en forme de queue de sirène ou cette robe évoquant une raie manta.

 

Les couleurs et les matières des tissus sortaient néanmoins toujours de l'ordinaire car l'originalité était l'une des exigences principales du cahier des charges du concours. Pour se démarquer, certains stylistes ont choisi de rehausser la beauté de leur création par divers accessoires destinés à renforcer avec finesse le rapport de leurs tenues avec la mer. La styliste réunionnaise Erika Vambouly a ainsi orné sa robe bleu clair d'une guirlande d'algue lumineuse évoquant la phosphorescence de certaines créatures des fonds marins. D'autres ont choisi de créer des bijoux en forme de poissons ou d'étoiles de mer afin d'orner leurs créations.

 

Après le défilé du concours, la soirée s'est poursuivie par un autre interlude musical assuré par deux lauréats du défi chanson. En attendant la délibération du jury, les stylistes ont ensuite présenté leur collection au public sous la forme de seize défilés haut en couleur sur des musiques choisies par leurs soins. La plupart des stylistes se sont inspirés des tenues et des tissus portés par les femmes de leurs îles respectives en les réinventant et les modernisant de manière à ce qu'elles correspondent aux femmes d'aujourd'hui.

 

Au cours de ces différents défilés, certains mannequins ne se sont pas contentés de marcher sobrement, mais ont osé des pas de danse africaine pour présenter les créations des stylistes aux consonances les plus ethniques. Le tout sous les cris de joie et les applaudissements des spectateurs, charmés par cet anticonformisme assez inhabituel dans l’univers de la mode.

 

Le jury du concours a plébiscité l'originalité et l'élégance

Les mannequins chargés de mettre en valeur les tenues des stylistes ont été recrutés par ALCOI avec l'aide d'Annie-Michèle Dinga- Ote, une styliste qui a ouvert une école de mannequinat en Suisse. Celle-ci a accepté de s'occuper des mannequins du salon de la mode de l'océan Indien et organise régulièrement des formations à Mayotte afin d'améliorer la qualité des défilés. Les mannequins recrutés avaient volontairement des physiques très différents afin qu'un maximum de femmes se reconnaissent en elles et ALCOI a pris soin de s'éloigner du cliché du mannequin exclusivement grand et très mince, certes prisé dans les pays occidentaux, mais extrêmement éloigné des critères de beauté des peuples de l'océan Indien.

 

Après un nouvel interlude musical, le jury a donné son verdict et accordé le premier prix à la styliste réunionnaise Erika Vambouly dont la robe bleu clair surmontée d'une guirlande d'algue lumineuse possédait à la fois les qualités d'originalité, d'élégance et de simplicité recherchées par le jury du concours. Le deuxième prix est revenu quant à lui à une styliste mahoraise, Moinarafa Soilihi, pour sa robe bleu turquoise imitation soie, resserrée à la taille et ample sur le bas, évoquant une houle légère caressée par la brise. Mais le jury a également voulu récompenser l’imagination en accordant la troisième place au styliste grand-comorien Zakaria Mohamed pour sa surprenante robe en forme de raie manta.

 

La journée du dimanche a été consacrée, quant à elle, à une exposition-vente des tenues présentées lors des défilés. Celle-ci n'accueillait cependant pas uniquement des stylistes, mais également des artistes et des artisans qui ont eu l'occasion de montrer au public mahorais leurs dernières créations inspirées par les arts traditionnels de leurs îles respectives. Le stand consacré à l'île d'Anjouan a ainsi présenté des poupées traditionnelles et le stand malgache des sculptures de bateaux en bois "faits main". L'association ALCOI a donc atteint, grâce à cette 5ème édition du salon de la mode, les objectifs qu'elle s'était fixé : dynamiser l'univers de la mode à Mayotte et faire connaître les arts et les traditions de l'océan Indien.

Publié par Vivre Mayotte

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