Isabelle Gastellier : Styliste, de fil en aiguille

1826 fois

Isabelle Gastellier : Styliste, de fil en aiguille - Vivre Mayotte Magazine Photos : Thierry Duprey et Franco Di Sangro

Isabelle Gastellier, une cinquantenaire aux allures vives et déterminées, dévoile pour Vivre Mayotte son parcours remarquable. Depuis son plus jeune âge, Isabelle crée, coud, innove. Aujourd’hui, cette passion est devenue son métier. Elle nous raconte son histoire…

 


VM : Etes-vous mariée, avez-vous des enfants et de quelle origine êtes-vous ?
IG : Je suis française, en couple et j’ai ma fille Annouck de 14 ans.


VM : Quel est le lieu où vous avez grandi et quel est le lieu où vous vivez actuellement ?
IG : J’ai beaucoup déménagé en métropole : Rouen, Montpellier, Pau, Paris. Je suis arrivée en 1996 à Mayotte et, depuis 20 ans, je suis à La Réunion.


Isabelle Gastellier : Styliste VM : Quel cursus scolaire avez-vous emprunté ?
Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
Quel est votre parcours pour devenir une styliste de renom ?
IG : J’ai obtenu mon baccalauréat « Arts- Plastiques » et j’ai fait mes études supérieures à la fac où j’ai obtenu une licence d’histoire de l’art. Pour payer mes études, je travaillais à Paris aux moments des collections de hautecouture dans la maison où travaillait ma mère. J’ai appris avec elle, c’est un peu un savoir transmis de génération en génération : mes 2 grands-mères étaient couturières, mes tantes aussi ! J’ai appris en regardant. Petite, je dessinais chaque mercredi un modèle et ma mère le réalisait. Elle appelait ça « l’idée géniale du mercredi ». J’ai fait mon premier défilé en 1985 à Montpellier. De fil en aiguille, je me suis retrouvée à La Réunion, à faire du costume de théâtre et de la formation. J’ai aussi donné des cours de couture à des détenus et à des associations. D’ailleurs, je suis moi-même « centre de formation » depuis l’année dernière. J’ai ouvert ma boîte il y a maintenant 7 ans.


VM : Comment était votre relation avec votre mère lorsqu’elle vous apprenait le métier ?
IG : Ma mère est une technicienne exigeante, mais pas dirigiste. « Je te montre, tu expérimentes ; tu te trompes, tu recommences ! » Elle a dû faire avec mon caractère !


VM : Quel métier vouliez-vous faire étant petite ?
IG : Je voulais être archéologue.

VM : Avez-vous des frères et soeurs ?
Si oui, combien ? Leurs professions ? Quelle est la profession de vos parents ?
IG : J’ai un frère musicien ébéniste, une soeur secrétaire de direction. Une maman couturière et un papa coloriste. Autant dire que j’ai été bercée par le doux cliquetis d’une machine à coudre. Il y avait toujours du tissu chez moi et on m’a toujours parlé de la couleur. C’est une culture générale qui m’a menée là où je suis maintenant !

 

VM : Etaient-ils d’accord pour que vous pratiquiez cette profession ?
IG : Absolument pas, ma mère m’avait dit à l’époque « Ne fais jamais ce métier ! »…Je ne l’ai pas écouté. C’était trop tard, « le mal était fait », j’avais déjà trop « baigné » dedans !

 

VM : Est-ce votre passion ? Si non, quelles sont-elles ?
IG : C’est incontestablement ma passion. Je ne vais jamais travailler, je vais créer ou coudre !

 

VM : Quelles sont vos premières créations ?
IG : J’habillais mon amoureux. Il a été repéré à Montpellier par quelqu’un qui m’a proposé de faire un défilé dans sa boîte de nuit en 1985.

 

VM : Combien de défilés avez-vous fait ? Quels sont les lieux ? Quelles sont vos impressions après avoir participé au défilé du Salon de la Mode de Mayotte ?
IG : J’en ai fait 2 à Montpellier en 1985 et 1986 à mes débuts. Une dizaine d’années après, j’en ai enchaîné plusieurs :

1997 : J’ai réalisé un défilé pour les femmes enceintes à La Réunion.

2006 : J’ai fait un défilé sucré avec des bijoux en sucre et en chocolat.

2007 : J’ai participé au défilé Palm avec comme thème « le thé ».

2009 : « Au jardin d’Italie », à La Réunion.

2012 : J’ai également participé au défilé « Jackie Kennedy ».

2013 : « Entre des airs ».

2014: « Working girl » à St Paul.

 

Quant au défilé de Mayotte cette année, j’ai adoré l’ambiance. L’organisation de la soirée était au top. A Mayotte, je me sens chez moi, j’ai eu du mal à repartir après ces 4 jours !

 

VM : Lesquelles de vos créations ont le plus plu ? Quels sont vos projets futurs ? Avez-vous remporté des prix ?
IG : Les 6 modèles de ma collection sont « mes classiques ». On me les demande toujours depuis 7 ans. J’organise mon prochain défilé en décembre au « G », mon nouveau local. Je n’ai pas pour habitude de participer à des concours, mais j’ai remporté le 1er prix lors d’un concours à La Réunion organisé par une association de femmes mahoraises.

 

VM : Que préférez-vous dans votre profession et quelles sont les choses les plus difficiles dans votre métier ?
IG : J’aime toutes les phases de la création et de la conception. Le plus difficile, c’est d’être régulière pour en vivre !

 

VM : Quelles sont les qualités qu’une couturière doit avoir?
IG : Passionnée, patiente, courageuse et tenace.

 

VM : Pouvez-vous me donner des exemples de temps de couture?
IG : Par exemple, pour la robe présentée au défilé de la mode, j’ai mis 600h pour la confectionner. Pour une chemise d’homme, je mets 8h.

 

VM : Est-ce qu’on aime toujours la couture quand ce n’est plus une passion, mais une véritable activité à plein temps ?
IG : En ce qui me concerne, oui.

 

VM : Qu’est-ce que vous conseilleriez aux couturières dilettantes qui veulent faire de la couture leur métier ?
IG : S’armer de courage, ne rien lâcher et se faire payer son travail.

 

VM : Qu’aimeriez-vous dire pour conclure?
IG : Que c’est le plus beau métier du monde ! On dit que je suis « robothérapeuthe » ! Habiller les femmes, c’est aussi les comprendre et les connaître.

 

Marine Henquenet

Publié par Vivre Mayotte

Vivre Mayotte

À propos de Vivre Mayotte

VM, le magazine feminin de la mode, de la beauté et de toute l’actualité des femmes Mahoraise

Commentaires (0)

Aucun commentaire
Login to post comments